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Le tabac laisse une empreinte chimique dans les os anciens

Une équipe de l’Université de Leicester a repéré des fumeurs d’autrefois par la chimie de leurs os, sans dents tachées ni sillons de pipe, et a trouvé parmi eux femmes et adolescents.

Yannick Gourvennec Par Yannick Gourvennec
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Le tabac laisse une empreinte chimique dans les os anciens
Un crâne humain ancien, présenté sur un support devant un mur clair, illustre l’étude des restes osseux anciens.

En bref

  • Une équipe de l’Université de Leicester a publié ses travaux dans la revue Science Advances.
  • Les squelettes étudiés se répartissent entre la période 1150-1500 et les XVIe à XIXe siècles.
  • L’analyse porte sur l’os cortical, la couche externe et dense du squelette.
  • Des fumeurs ont été identifiés sans aucun indice sur les dents.

Les chercheurs repèrent les fumeurs d’il y a plusieurs siècles en lisant la composition chimique de leurs os. Une équipe de l’Université de Leicester a montré, dans une étude parue dans la revue Science Advances, que la consommation de tabac laisse une trace chimique dans les os, lisible longtemps après la mort, même lorsque les dents ont disparu ou ne portent aucune marque.

Des squelettes d’avant et d’après l’arrivée du tabac

Le principe de l’étude repose sur une comparaison entre deux populations que l’histoire sépare nettement. D’un côté, des personnes qui n’ont jamais pu fumer, faute de tabac disponible sur le continent. De l’autre, des personnes ayant vécu après que la plante a gagné l’Europe et s’y est diffusée.

323individus dont les os ont été analysés
2lieux de découverte des squelettes
1150-1500période du groupe antérieur au tabac, face à celui des XVIe au XIXe siècles

Ce découpage chronologique donne à l’échantillon sa force : plusieurs siècles séparent les deux ensembles, et l’introduction du tabac en Europe sert de ligne de partage entre eux.

Des dents aux os, deux façons de reconnaître un fumeur

Jusqu’ici, l’archéologue qui voulait savoir si un défunt fumait examinait d’abord sa mâchoire. Les pipes bon marché de l’époque, serrées entre les dents jour après jour, finissaient par y creuser des encoches reconnaissables. La nouvelle approche déplace le regard vers une autre partie du corps.

Critère Méthode classique Nouvelle analyse
Partie examinée Les dents L’os cortical, tissu dense de la couche externe des os
Indices recherchés Sillons creusés par les pipes, taches noires Modifications chimiques du tissu osseux
Nature de l’observation Marques visibles à l’œil Écarts moléculaires entre squelettes de non-fumeurs et de consommateurs

Sur ce tissu osseux, les chercheurs ont relevé des écarts marqués entre les personnes qui n’avaient aucun accès au tabac et celles qui en ont fait usage après son introduction. La Dr Sarah Inskip, coauteure de l’étude, résume ce constat :

« Notre recherche montre qu’il existe des différences significatives dans les caractéristiques moléculaires contenues dans les os des anciens fumeurs et des non-fumeurs »

Dr Sarah Inskip, coauteure de l’étude

Ce que la technique change pour lire le passé

L’avancée tient en une première : des fumeurs ont été reconnus alors que leurs dents ne portaient aucun des indices habituels, uniquement d’après la chimie de leurs os. Comme le rapporte Futura Santé, ces résultats rendent possible de détecter la consommation de tabac à partir du seul squelette, y compris quand la mâchoire manque ou ne montre rien de visible. Pour des restes incomplets, fréquents en fouille, c’est une source d’information qui n’existait pas.

La méthode a déjà livré une observation inattendue sur les fumeurs de l’époque : on comptait parmi eux de nombreuses femmes et des adolescents. L’image d’un tabac réservé aux hommes adultes ne correspond donc pas à ce que racontent ces squelettes. Ces travaux portent sur le tabac fumé dans le passé et ne disent rien de la cigarette électronique ni du vapotage d’aujourd’hui ; pour ce versant, notre point sur les études sur la cigarette électronique rassemble d’autres résultats.

Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Ranjit Pradhan. Licence Pexels.

Yannick Gourvennec

Matériel, e-liquides, accessoires et réglementation

Yannick Gourvennec

Yannick Gourvennec a tenu une boutique de cigarettes électroniques à Lorient pendant six ans. Il aide les lecteurs de Cigaland à choisir leur matériel : pod, box, clearomiseur, autonomie de la batterie. Il juge un appareil sur trois semaines d'usage réel, pas sur une journée d'essai. Il chante dans un chœur d'hommes du pays de Lorient.