Des os anciens révèlent des fumeurs sans trace dentaire
À Leicester, des chercheurs ont repéré des fumeurs dont les dents ne montraient rien, grâce à la seule chimie de leurs os, et le profil de ces fumeurs surprend.
En bref
- C’est ce qu’établit une équipe de l’Université de Leicester, dont l’étude parue dans la revue Science Advances est rapportée dans un article de Futura Santé daté du 10 octobre 2026.
- Avant cette étude, on examinait surtout la bouche des défunts.
- Pour ces produits, d’autres données figurent dans les études sur la cigarette électronique que notre site a passées en revue.
Pour savoir si une personne morte depuis des siècles fumait, il n’est plus indispensable d’examiner sa mâchoire : la composition chimique de ses os suffit. C’est ce qu’établit une équipe de l’Université de Leicester, dont l’étude parue dans la revue Science Advances est rapportée dans un article de Futura Santé daté du 10 octobre 2026. Le tabac imprime dans le squelette une signature qui survit très longtemps au fumeur lui-même.
Un protocole fondé sur un avant et un après
Le principe de l’expérience repose sur une comparaison historique. Les squelettes étudiés, récupérés sur deux lieux différents, se répartissent en deux ensembles. Le premier rassemble des personnes ayant vécu entre 1150 et 1500, donc avant que le tabac n’arrive en Europe : elles ne pouvaient pas en consommer. Le second réunit des individus plus tardifs, datés du XVIe au XIXe siècle.
Les chercheurs se sont concentrés sur l’os cortical, ce tissu dense qui forme la couche externe des os. Entre les individus privés de tabac et ceux qui en ont consommé après son arrivée, ils ont relevé des différences notables. Le groupe médiéval sert ainsi de référence : face à lui, la marque laissée chez les consommateurs plus récents devient lisible.
Sarah Inskip, qui cosigne l’étude, résume le résultat en ces termes, selon Futura Santé : sur le plan moléculaire, les os des fumeurs d’autrefois et ceux des non-fumeurs se distinguent de façon significative.

Des dents à l’os, deux manières de repérer un fumeur
Avant cette étude, on examinait surtout la bouche des défunts. La lecture chimique des os vient compléter cette méthode : elle prend le relais quand les dents ne disent rien.
| Méthode | Indice recherché | Limite ou apport |
|---|---|---|
| Examen dentaire | Sillons creusés par des pipes bon marché, taches noires liées à un usage régulier | Suppose des dents conservées et marquées |
| Analyse chimique de l’os | Modifications moléculaires de l’os cortical | Fonctionne sur les seuls restes squelettiques, sans dents ni autre signe visible |
Le point marquant tient à une première : des scientifiques ont reconnu comme fumeurs des individus dont la dentition ne portait aucune trace de cette habitude. Seules les modifications chimiques de leurs os les désignaient. Ces résultats permettent donc d’établir une consommation de tabac à partir des seuls restes squelettiques.
Pour les archéologues, cela ouvre de nouvelles perspectives : un squelette sans mâchoire, ou dont les dents ne portent aucune marque, peut à son tour être interrogé sur cette habitude.
Des fumeurs plus variés qu’on ne l’imaginait
Cette capacité à identifier des consommateurs « invisibles » change le portrait des fumeurs d’autrefois. L’étude fait apparaître de nombreuses femmes et des adolescents parmi eux. La consommation ne se limitait donc pas aux hommes adultes, contrairement à ce que l’on pourrait penser.
D’après Futura Santé, cette lecture chimique du squelette pourrait devenir un instrument de premier plan pour reconstituer les habitudes sociales et sanitaires de populations du passé. Ces résultats valent pour le tabac fumé par le passé : la cigarette électronique et le vapotage d’aujourd’hui sortent de leur champ. Pour ces produits, d’autres données figurent dans les études sur la cigarette électronique que notre site a passées en revue.
Photo : steinchen / Pixabay
